
Les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières avaient préparé un projet ambitieux pour le conseil de ville de Trois-Rivières.
En devenant les locataires du nouveau Colisée de Trois-Rivières, les dirigeants de l’équipe et de l’université espéraient contribuer à l’explosion du hockey universitaire au Québec.
« Je ne me suis jamais caché que l’on voulait imiter l’extraordinaire travail et le succès de Jacques Tanguay avec le Rouge et Or de l’Université Laval à Québec », résumait hier Daniel Lamarre, le président du comité consultatif des Patriotes.
Tout semblait sur les rails, mais voilà que Dean MacDonald, homme d’affaires de Terre-Neuve, a écrit au maire de Trois-Rivières pour faire part de son intérêt d’installer dans la ville une équipe de la East Coast Hockey League.
Quand il a dit que le tout puissant Canadien de Montréal pourrait s’associer à lui en fournissant des joueurs, les amateurs et de nombreux citoyens ont chaviré. Le CH à Trois-Rivières ! Roulez les trottoirs, le CH est en ville !
C’est tellement fort que le maire Jean Lamarche a décidé de prendre du recul devant cette situation devenue explosive.
« Mon devoir m’oblige à analyser tous les aspects de la situation. Je ne peux émettre de commentaires tant que je ne recevrai pas les propositions écrites des deux parties, le 7 février », de dire M. Lamarche hier.
RIEN D’ÉCRIT
Tout le monde en parle à Trois-Rivières, mais la Ville n’a toujours pas reçu de proposition écrite de M. MacDonald. Chez le groupe CH, la vice-présidente France-Margaret Bélanger a clairement fait comprendre que le Canadien n’investirait pas dans la propriété d’une équipe. Mais le département hockey a fait savoir qu’on serait heureux de compter sur une équipe de la ECHL à 150 kilomètres de Montréal.
C’est une évidence. Au lieu d’envoyer ses quelque trois ou quatre joueurs qui ne sont pas de calibre pour le Rocket de Laval à Kalamazoo ou Estero en Floride, Marc Bergevin trouverait plus commode de les faire rouler à Trois-Rivières.
Ce qui est clair également, c’est que n’importe quoi associé de près ou de loin au CH va passer la gratte dans les commandites et les ententes commerciales à Trois-Rivières. Du moins, pendant les trois premières saisons.
C’est ce qui fait rêver une partie des médias et de nombreux fans. Plus le fait de voir une équipe professionnelle occuper le Colisée flambant neuf une quarantaine de soirs par année.
FAIRE GRANDIR LE HOCKEY UNIVERSITAIRE
En apparence, il semble facile de faire cohabiter deux équipes importantes dans le Colisée. Sauf qu’on estime à 1 million et demi de dollars le coût des installations pour une deuxième équipe.
Il faut également préciser que l’UQTR a un projet ambitieux pour le hockey. Dany Dubé est impliqué dans le processus.
Et Daniel Lamarre, le PDG du Cirque du Soleil, qui est très actif dans les dossiers des Patriotes, défend un projet réalisable si les bonnes conditions sont réunies. Présentement, les Patriotes jouent dans la Ligue universitaire de l’Ontario. Avec Concordia et McGill.
Lamarre compte développer non seulement le marché des Patriotes, mais aussi convaincre des universités québécoises comme Sherbrooke ou l’UQAM de joindre Trois-Rivières pour arriver à la création d’une ligue universitaire québécoise.
« Le calibre de hockey universitaire est le plus élevé au Québec. Les experts nous le disent. Mais les dépisteurs qui ont raté un joueur à 18 ans négligent complètement nos joueurs, qui ont pourtant pris de la maturité et de la force à 21 ou 22 ans », de dire M. Lamarre.
AFFRONTER LA NCAA
Une des bonnes façons d’établir la crédibilité du hockey universitaire serait d’affronter des équipes de la toute puissante NCAA américaine. En apparence, ce n’est pas possible. Mais sous forme de matchs hors-concours ou lors d’un tournoi invitation dans le temps des Fêtes, c’est réalisable. M. Lamarre a déjà plusieurs lettres de confirmation dans sa poche.
Quand Lamarre soutient qu’il veut copier Jacques Tanguay et le Rouge et Or, on pourrait lui rappeler qu’à la première saison du Rouge et Or dans un circuit québécois sans équipe francophone, le Rouge et Or avait disputé huit matchs hors-concours. Dont quelques-uns contre des équipes américaines qui avaient tourné au massacre.
Mais au fil des années, le Rouge et Or est devenu la puissance du football canadien et a entraîné dans son sillage les Carabins de l’Université de Montréal et le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. C’est une réussite fabuleuse.
Populariser le hockey universitaire ne sera pas un travail facile. Mais le Cirque du Soleil a vendu 70 000 tickets pour ses spectacles à l’Amphithéâtre Cogeco. C’est la moitié de la population de la ville. Ça aussi, c’était impensable.
UN CHOIX DE SOCIÉTÉ
Dans le fond, on se retrouve devant un choix de société. Favoriser le développement d’une université et de son programme de hockey en espérant élargir le champ d’action à tout le Québec.
Avec une ville et des citoyens qui profitent des retombées de la présence d’une grande institution comme l’UQTR.
Ou offrir le nouveau Colisée à un homme d’affaires de Terre-Neuve pour y faire jouer des athlètes honorables de niveau AA. Avec la bénédiction du CH.
C’est un projet qui se défend commercialement et qui peut être excitant pour les fans.
Dans le fond, on parle de deux visions...
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