La nomination de Joël Bouchard au poste d’entraîneur du Rocket de Laval a été traitée en grande pompe. La couverture médiatique a été aussi abondante que celle qui prévaut lors de l’annonce d’un nouvel entraîneur chez le Canadien. C’est quelque chose pour une équipe de la Ligue américaine.
Les journalistes étaient beaucoup moins nombreux l’an dernier lorsque Sylvain Lefebvre avait rencontré les médias lors de l’arrivée du Rocket dans le paysage montréalais. La rencontre s’était tenue dans le vestiaire fraîchement terminé du Rocket, à la Place Bell.
Il faut dire que Lefebvre n’était pas un nouveau venu à la barre du club-école du Canadien. Il comptait déjà cinq saisons derrière la cravate. Il avait passé les trois premières à Hamilton et les deux suivantes à Terre-Neuve.
Même s’il était loin de Montréal, on pouvait le joindre par téléphone. On le voyait aussi lors des deux matchs de la filiale du Tricolore présentés annuellement au Centre Bell. Il a toujours collaboré généreusement avec les journalistes, mais toujours avec le calme qu’on lui connaît.
Moulin à paroles
Bouchard est tiré d’un moule différent. Déjà, quand il jouait, il était un moulin à paroles. Nos calepins étaient toujours remplis lorsqu’on le rencontrait dans une des huit villes où il a évolué dans la Ligue nationale.
Le Réseau des sports n’a pas perdu de temps à l’embaucher quand il a accroché ses patins. Il était naturel devant les caméras. Mais il n’a fait ni un ni deux quand Pascal Vincent, qui dirigeait le Junior de Montréal, lui a proposé un poste d’entraîneur à temps partiel avec son équipe.
« Comme Joël n’est pas le genre à s’impliquer à moitié, il avait fait rapidement de ses fonctions une priorité à plein temps », m’a raconté Vincent lors de mon passage à Winnipeg il y a deux semaines.
Du Demers et du Burns dans le nez
Vincent et Bouchard formaient une bonne équipe avec Dominique Ducharme à la tête du Junior de Montréal. Ducharme était le cérébral, Vincent, le psychologue, et Bouchard, le motivateur.
Il y a longtemps qu’on a vu un personnage haut en couleur comme Bouchard dans l’organisation du Canadien. Les derniers entraîneurs de ce genre ont été Jacques Demers et Pat Burns. Les deux ne faisaient pas de détours pour livrer le fond de leur pensée.
Les temps ont changé. Dans le monde d’aujourd’hui, les entraîneurs font bien attention de ne froisser personne.
Pas 1000 façons de diriger
Bouchard dit réaliser qu’il devra modifier quelque peu son approche avec les joueurs qu’il aura sous la main à Laval. Mais il n’entend pas trop changer quand même.
« Coacher, c’est coacher », dit-il.
« Il y a un discours différent, on retrouve un amalgame de joueurs dans la Ligue américaine. Mais je peux juste être Joël Bouchard. Je vais respecter les joueurs et leur donner l’heure juste. Je prône le respect, mais je suis “tough” avec mes joueurs. Je vais l’être encore, mais je pense que les gars acceptent ça.
C’est correct qu’un entraîneur soit demandant. »
Style polariseur
La personnalité de Bouchard va peut-être permettre au Rocket de profiter d’une visibilité accrue dans les médias et d’attirer encore plus d’amateurs à la Place Bell l’hiver prochain.
Il est vrai que les gens assistent à des matchs pour voir des joueurs performer, mais la présence d’un entraîneur dynamique et réputé derrière le banc peut contribuer à faire déplacer plus de gens.
Le retour de Patrick Roy avec les Remparts va amener entre 2000 et 3000 spectateurs de plus au Centre Vidéotron.
On ne se trompe pas en disant que Bouchard n’héritera pas d’une grande équipe pour commencer. Mais on peut être assuré d’une chose : ses joueurs auront intérêt à ne pas se traîner les pieds.
Une option pour Québec
Croyez-vous encore au retour de Québec dans la Ligue nationale de hockey ? À en juger par les propos tenus par Jeremy Jacobs cette semaine, ça n’arrivera jamais, du moins tant et aussi longtemps que le propriétaire des Bruins et Gary Bettman seront en poste.
C’était la deuxième fois en deux ans que le propriétaire des Bruins de Boston affirmait que Québec ne possède pas les ressources économiques pour faire vivre une concession de la LNH.
Pas besoin d’en dire plus. Québec ne figure pas dans les plans de la LNH. Jacobs ne l’a pas dit explicitement dans ces mots, mais on a tous compris où il veut en venir.
Déménagement par défaut
Une seule option s’offre à la Vieille Capitale, et encore. Lorsque les Thrashers d’Atlanta ont été incapables de trouver des acheteurs qui auraient gardé la concession en Géorgie, le groupe True North de Winnipeg était seul dans la course.
Ce fut un déménagement par défaut.
La prochaine expansion passera par Seattle, et Houston est un marché ciblé par la LNH dans le cas d’un transfert.
Avant de me lancer des pierres, dites-vous bien que je milite en faveur de la renaissance des Nordiques, mais les dirigeants de la LNH ne voient pas les choses du même œil que nous.
Ils n’ont rien contre Québec. Pour eux, c’est une question de business, rien d’autre.
La LNH s’est vendue aux Américains quand elle a procédé à la grande expansion en 1967.
Aujourd’hui, c’est « made in USA » mur à mur.
http://www.journaldemontreal.com/2018/05/19/bouchard-va-amener-du-mordantBagikan Berita Ini
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