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Mondial 2026 : le Maroc raflera-t-il la mise ?

Le Mondial 2026, c'est (presque) aujourd'hui ! À la veille du coup d'envoi de l'édition 2018, la Fifa a ouvert mercredi matin à Moscou son 68e Congrès. L'instance doit choisir aujourd'hui qui, du trio États-Unis/Canada/Mexique, favori, ou du Maroc challenger, accueillera le premier Mondial à 48 équipes en 2026. Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale, a pris la parole le premier à 9 h 30 locales (6 h 30 GMT) pour un vote de désignation qui doit intervenir à la mi-journée à Moscou. Ce sont les 207 délégués des pays membres de l'instance (sur 211, si le collège électoral est validé) qui vont désigner le (ou les) pays-hôte(s) du Mondial 2026.

Pour suivre en live le Congrès, cliquez sur ce lien.

Difficile de se risquer à un pronostic, car c'est la première fois que le scrutin est ouvert à autant de votants. Auparavant, c'était en effet le comité exécutif du Congrès de l'instance – soit une vingtaine de personnes – devenu depuis Conseil de la Fifa, qui attribuait les Mondiaux. Une réforme suffisante pour mettre un terme à l'odeur de soufre et de corruption qui avait entouré les dernières attributions de l'ère Sepp Blatter ? « La Fifa a beaucoup fait au niveau des codes de conduite des délégués, des défenseurs de la candidature », explique à l'AFP Sylvia Schenk, de l'ONG Transparency International et par ailleurs membre du conseil consultatif de la Fifa sur les droits de l'homme. Elle reconnaît cependant qu'il « n'y a pas de système parfait ».

Le dossier Maroc moins bien noté

« L'important pour moi est que tout a été fait correctement, maintenant tout le monde doit choisir, avec les dossiers de candidatures, les rapports », avait exposé Infantino dimanche à la sortie d'une réunion du Conseil de la Fifa à Moscou. Les dossiers de candidature sont évalués par des commissions ad hoc, chargées d'en noter la qualité au regard d'une série de critères définis (infrastructures, hébergement, transports, budget...). Verdict : le dossier du Maroc « a obtenu une note globale de 2,7 sur 5 » contre « 4 sur 5 » pour le trio États-Unis/Canada/Mexique, avait-on appris auprès d'une source proche du dossier marocain.

Quatre fois candidat malheureux à l'organisation du Mondial (1994, 1998, 2006 et 2010), le Royaume croit toutefois toujours en ses chances de devenir le second pays du continent africain, après l'Afrique du Sud en 2010, à accueillir l'un des événements les plus importants de la planète.

Il bénéficie du soutien de nombreux pays européens, dont la France, notamment en raison de sa proximité géographique, et africains, à l'appel du président de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad. Mais certains pays africains ont déjà fait entendre leur différence, comme le Libéria ou l'Afrique du Sud, partisans de « United 2026 ».

Le trio États-Unis/Mexique/Canada promet plus de recettes

Infantino, lui, est présenté comme un défenseur de la candidature nord-américaine, notamment parce qu'il serait, dans sa logique, cohérent d'attribuer ce premier Mondial à 48 « à de grands pays qui ne l'ont jamais eu, comme la Chine ou l'Inde, ou à des associations de pays », explique à l'AFP Paul Dietschy, historien du football. « Car pour couvrir les frais, il faut être à plusieurs. » D'autant que le trio États-Unis/Mexique/Canada a promis « la Coupe du monde la plus lucrative de l'histoire » avec 14 milliards de dollars de recettes, contre un « net pour la Fifa de 5 milliards de dollars » du côté marocain.

Le royaume mise sur des atouts autres que purement financiers pour faire la différence : « La ferveur autour du football dans le pays et sur le continent, la proximité » avec des villes hôtes « ramassées » dans un rayon de 550 kilomètres, ou encore des « stades modulaires », a notamment plaidé auprès de l'AFP le président du comité de candidature marocain Moulay Hafid Elalamy.

Un autre élément pourrait jouer en sa faveur : le président des États-Unis Donald Trump, qui a scandalisé la planète foot en lançant sur Twitter des menaces à peine voilées à ceux qui ne soutiendraient pas la candidature « United 2026 ». Cela sera-t-il suffisant pour convaincre les délégués, au moment de pousser le bouton désignant le(s) futur(s) pays-hôte(s) ? « Tout le monde doit assumer ses responsabilités et prendre sa décision, c'est tout », a conclu Infantino. Réponse dans quelques heures.

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